Profil de Buddha

12 000,00

Andésite
Indonésie, île de Java
Circa IXe siècle, période de Java Centre
H. 28 cm

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Description

Le visage iconique de Borobudur
Cette tête rappelle les 504 statues de Buddha placées sur et autour du temple bouddhiste monumental de Borobudur en Indonésie. Ces figures représentent les cinq Dhyāni Buddha ou Buddha de sagesse, placés au sommet et aux quatre orients de cet immense stūpa. Ce visage nous est parvenu fragmentaire, épaufré sur la moitié droite. Il est présenté de profil où l’on observe une figure pleine de grâce, empreinte des valeurs de compassion et de sérénité, remarquablement magnifiée par son caractère lacunaire, presque mystérieux. Selon la doctrine bouddhiste, le visage du buddha Śākyamuni se distingue par quelques traits caractéristiques appelés lakṣaṇa, au nombre de 72. Ce visage ne présente nullement la touffe de poil entre les arcades sourcilières (ūrṇā), ce buddha ou « éveillé » en sanskrit figure donc, conformément à l’iconographie de Borobudur, une représentation des jina ou Buddha des cinq directions. Il pourrait donc s’agir d’Amogasiddhi situé au Nord, d’Akṣobhya à Est, de Ratnasambhava au Sud, d’Amitābha à l’Ouest ou de Vairocana, Buddha du Zénith. Ces déités supérieures du bouddhisme mahâyânique sont considérées comme des émanations du Buddha primordial, ils accompagnent et protègent en leurs points cardinaux les édifices et objets sacrés de la doctrine.

Une œuvre emblématique de l’art médiéval javanais
Ce remarquable fragment présente les éléments du style classique de Java Centre : un visage rond, gracieux et délicat. Il est emblématique du bouddhisme indonésien dont la diffusion ne commence qu’avec l’accession de la dynastie Śailēndra qui règne près de Yogyakarta, dans la partie méridionale de l’île au milieu du VIIIe siècle. L’édification de Borobudur représente un évènement majeur, initié semble-t-il par le roi Dharanindra (775-800) et complété par son petit-fils, Samaratungga (812-833). Nous ne savons pas sur quelles reliques importantes ce stupa a été construit mais il semblerait qu’il fut, au moment de sa découverte par les souverains Śailēndra vers 795, un lieu de pèlerinage hindou, comme en témoignent les vestiges des plateformes présentes à la base du stūpa. Les représentations de jina, comparables à cette tête se retrouvent sur les plateformes intermédiaires et à son sommet, chacune figurée en posture de méditation tournée vers l’extérieur, faisant face aux plaines fertiles de Kedu. Le sanctuaire de Borobudur figure un mandala géant représentant le cosmos dans la philosophie du bouddhisme du Grand Véhicule. Son ascension est supposée guider le pèlerin dans son cheminement vers la délivrance (nirvāṇa). Le plan pyramidal du stūpa se décline en neuf terrasses rassemblées en trois parties, représentant respectivement de manière ascendante : le Kāmadhātu (le monde des désirs), le Rūpadhātu (le monde des formes) et l’Arupadhātu (le monde sans forme), ces deux derniers accueillaient peut-être le fragment qui nous intéresse.

L’andésite, un matériau propre aux productions indonésiennes
Située au pied du volcan Merapi, la statuaire javanaise compose avec une pierre volcanique, poreuse et tendre. Ce fantastique fragment illustre le modelé souple, propice à l’épanouissement d’un style naturaliste que l’on retrouve au sein des nombreux bas-reliefs qui parent les déambulatoires de Borobudur. Les alvéoles de cette statue sont comblées éparsement par les traces de stuc encore subsistantes.

 

Provenance : Collection privée, France, acquise de Jean-Claude Moreau-Gobard dans les années 1980.