Frise de linteau ornée de Gaṇeśa

10 000,00

Grès
Cambodge
XIe-XIIe siècles, époque angkorienne
H: 26 cm

Vue à 360°

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Description

Une architecture mise en valeur par les cycles décoratifs

Cette frisede linteau illustrée représente Gaṇeśa assis, et prenait place dans un sanctuaire hindouiste. Sous l’influence indienne, les Khmers adoptent le bouddhisme et l’hindouisme, mais également d’autres pratiques culturelles, comme l’écriture en sanskrit. Ainsi, le culte de Gaṇeśa se diffuse également au Cambodge. Si une des particularités de l’art khmer est l’importante production de sculptures en ronde-bosse, c’est ici lehaut-relief qui a été employé, inscrivant ainsi cette œuvre dans un contexte architectural. En effet, ce relief devait faire partie d’un cycle décorati fqui se développaient sur les linteaux du temple. Selon la tradition,les fidèles devaient faire un tour rituel, dans un sens particulier,avant de pénétrer dans le sanctuaire. Ce relief était certainement placé au début du cycle,puisque le rôle de Gaṇeśa est d’abattre les obstacles et de contribuer à la prospérité de toute entreprise. Dans ce contexte cultuel, son image plaçait le fidèle sous de bons auspices, contribuant ainsi à le mettre en condition de dévotion.

L’art angkorien, entre stylisation et sérénité

Le dieu est vêtu d’un sampot court et est coiffé d’un diadème aux motifs finement incisés. Son vêtement est caractéristique dans l’art khmer, et est traité à la manière du style du Baphuon. En effet, ce dernier est recouvert de plis, incisés dans la pierre, et remonte sur le ventre du dieu sous la forme d’une poche plaquée. La figure de Gaṇeśa prend place dans un décor de rinceaux foisonnants, très stylisés. Ces motifs végétaux, très profondément sculptés, sont fréquemment représentés sur les reliefs du style du Baphuon, et apportent une grande vivacité à l’œuvre. Ce décor contribue également à mettre en valeur le côté narratif des frises architecturales qui ornent les linteaux des temples. Gaṇeśa se présente au regard dans une attitude hiératique, typique des représentations angkoriennes. Le modelé est souple et sa silhouette fine, malgré son embonpoint. Ses jambes sont particulièrement allongées, dans une position traduisant une attitude calme. Le nombril traité par une profonde incision, s’assimile également aux représentations du Baphuon. L’ourlé doux du visage, ainsi que ses yeux délicatement étirés en amande et soulignés par des incisions, corroborent à l’expression sereine du dieu.

L’apogée de l’art khmer

Cette œuvre s’inscrit dansla période angkorienne (802-1431), qui est considérée comme l’apogée de l’art khmer. C’est sous le règne de Jayavarman II, que débute cette période, en installant sa capitale à Angkor, dans la plaine centrale du pays. Installée à côté du Grand Lac, le site bénéficie de nombreuses ressources naturelles, notamment favorisées par le phénomène d’inversion du cours du Mékong, qui draine l’ensemble du territoire. Au cours de cette longue période, le centre névralgique de la capitale se déplace au fur et à mesure, et de nombreux temples sont érigés, à l’origine d’une émulation artistique sans pareille. Sous la pression thaïe, la capitale d’Angkor est abandonnée en 1431, mettant ainsi un terme à une époque considérée comme la plus brillante des périodes artistiques au Cambodge. Connue pour les temples «montagnes», conçus comme de véritables demeures pour les divinités ; la période angkorienne se teinte de symbolisme, et de nombreuses statues accompagnent les réalisations architecturales. Celle-ci s’inscrit apparemment dans les réalisations de style du Baphuon, un temple-montagne sur le site d’Anghor Thom construit entre le XIe et le XIIe siècle.

Provenance: collection privée française.